“Alaska” La nature à l’état pure

Paysage d'Alaska

Paysage d'Alaska

L’Alaska est le plus vaste territoire des Etats-Unis d’Amériques. Sa superficie est de 3 fois celle de la France 1 717 854 km² et la moitié de la population 670 053 habitants réside aux alentours d’Anchorage, ce qui fait une densité de moins d’un habitant par Km2 ! Tout ceci pour vous dire que la sensation de liberté est un sentiment particulier qui vous frappe dès que vous sortez de la ville.

Aux travers de ces lignes, je vais vous faire partager notre périple du sud Alaskien sur les routes mythiques comme :

L’Alaska Highway (route de l’Alaska) longue de 2300Km environ permettant de rentrer sur le territoire Alaskien en passant par la  Colombie Britannique et le Canada.

La Glenn Highway qui dessert Anchorage, ville centrale de plus de 300.000 habitants, lieu d’arrivée de la quasi totalité des touristes de par son aéroport international.

La Seward Highway qui rentre au cœur de la péninsule de Kénai située au sud de l’Alaska, qui jouit d’un climat océanique tempéré où forêts et lacs abritent ours noirs, Grizzly et saumons.

La Sterling Highway, seule route de la péninsule qui rejoint Homer et son spit (petite bande de terre de plus de 4km qui relie le port) capitale de la pêche et ville bien connue des naturalistes pour le rassemblement des pygargues à tête blanche en février. C’est aussi le point de départ des croisières pour les glaciers et pour l’ile de Kodiak célèbre pour ses ours Kodiak, l’un des plus grands carnivores terrestres.

L’organisation du voyage :

Nous avons organisé nous même ce voyage sans passer par un voyagiste pour deux raisons : Nous souhaitions être autonome sans aucune contrainte, et la saison choisie qui n’est pratiquement pas couverte par les voyagistes. En effet, la majorité des activités touristiques s’arrête au 1er octobre. Il faut le savoir, en Alaska, comme le disent les Alaskiens, il y a deux saisons : L’Hiver de septembre à mai et l’été de juin à aout.

En ce qui concerne l’aspect financier, en Alaska tout est très cher, d’autant plus en période touristique (juin-septembre). Pour l’hébergement, comptez environ 100$ la nuit pour 2 personnes hors saison (octobre-mai) et entre 200 et 300$ en pleine saison. Le voyage en avion Paris/Anchorage se trouve entre 650  et 1200 euros suivant le voyagiste et il faut reconnaitre que plusieurs sites en ligne proposent des tarifs attractifs avec les avantages et inconvénients que cela comporte…..Nous avions réservé par internet la location de notre véhicule, un gros 4X4, indispensable sur les routes d’Alaska en cette saison. Comptez environ 550 Euros pour le véhicule. Le budget carburant n’est pas négligeable, c’est d’ailleurs l’un des postes budgétaires les plus importants du voyage et vu les distances à parcourir, comptez environ 60 $ par jour pour alimenter votre V8. Pour l’alimentation, nous envisagions d’acheter notre nourriture mais nous avons vite constaté qu’il valait mieux faire un breack au restaurant où vous mangez à votre faim  pour le prix d’un paquet de chips, d’une boite de pâté et d’une barre chocolatée! Comptez environ 12 $ le repas.

En résumé, le choix de la période a une grosse incidence sur le coût d’un tel voyage étant donné l’affluence touristique et surtout celle des passionnés de pêche au saumon sur des « spot » dont la réputation mondiale n’est plus à faire. Le budget global de notre périple en partie divisé par trois est d’environ 2000€ par personne.

La péninsule de Kenai :

Kenai

La péninsule de Kenai est un des lieux les plus « abordables » en octobre où les conditions climatiques tempérées (entre 0 et -5°) permettent de ne pas trop souffrir du froid et des conditions de circulations difficiles sur les routes. Nous avions choisi cette période pour pouvoir observer la remontée des saumons sur la Kenai river qui longe la route Sterling Highwai. Cette période où les saumons remontent les rivières pour pondre et mourir sur leur lieu de naissance, est propice à l’observation des prédateurs comme l’ours et les rapaces.

Nous partons d’Anchorage pour parcourir toute la péninsule desservie par 2 principales routes (Streking Highway et Seward Highway). En octobre, à 61° de latitude, le soleil reste toujours très bas sur l’horizon environ 30°en plein midi, ce qui permet d’avoir des lumières et des ambiances magnifiques toute la journée  qui durent environ 8h en cette saison. Le paysage est frappant et le dépaysement total. Nous sommes entourés de chaînes de montagne interminables nous offrant, de la route, en 1000m de dénivelé tous les étages alpins, végétation type Toundra et enneigés au sommet, des conifères au boulot, tremble, peupliers traversées de glaciers se déversant dans le golf d’Alaska situé dans l’océan pacifique. En une journée nous avons tous les climats ; soleil, pluie, neige, brouillard, les températures ressenties varient entre 8° et -8°, les milieux humides sont nombreux, les tourbières aux couleurs orangées d’automne reflètent sur les lacs.

Anchorage, Talkeetna, Haines, Anchorage :

Yukon

Nous voulions avoir un aperçu global des paysages d’Alaska, voir la taïga et la toundra. Pour cela, nous sommes remontés plus au nord, direction le parc de Dénali en passant par Talkeetna point stratégique des alpinistes décidant de s’attaquer au Mt McKinley (plus haut sommet de l’Amérique du nord qui culmine à 6193 mètres). Nous avons d’ailleurs fait étape dans ce village et avons dormi dans une cabane de trappeur en rondin avec le minimum vital. Une expérience à vivre ! Au petit matin, seul l’un de nous a eu le courage d’affronter le froid glacial et de se lever pour faire le lever du soleil sur le McKinley. Très rapidement, le brouillard et la neige nous ont interdit l’observation de ce plus haut sommet. Les km s’enchainent, les conditions deviennent difficiles, tempête de neige, brouillard. Nous avons parcouru presque 1000km sur des routes enneigées pour redescendre vers Haines dans le but d’observer des centaines de pygargues qui se rassemblent sur la Chilkat river. Cet endroit est connu des pêcheurs, des naturalistes et des photographes car des sources chaudes empêchent la rivière de geler en début d’hiver. A partir du 15 novembre, 3 à 4000 pygargues s’y rassemblent. Nous traversons des paysages de forêt Boréale, taïga et de Toundra tantôt aux couleurs d’automne tantôt enneigés.

Pour rejoindre Haines, nous sommes obligés de passer par le Canada en faisant une incursion dans le Yukon, ce qui complète notre soif de découvrir des territoires ou la nature à l’état brute et sauvage nous ramène à l’essentiel.

Nous passons aux abords de la Porcupine au cœur du Yukon à 150km environ de Haines et nous avons la chance d’assister à la traversée de nombreux troupeaux de Rennes en pleine période de migration.

Rencontre avec la faune :

alaska06art

Lors de nos balades à pieds, la nature vous prend aux trippes. Nous sommes bien en Alaska. Les milliers de saumons s’agitent jusqu’à l’épuisement au bord des cours d’eaux. Les cadavres sont déchiquetés par les pygargues à tête blanche, emblème national des Etats-Unis ! La présence de l’ours se fait sentir. Vous savez que vous êtes observés et pour tout dire nous ne sommes pas rassurés….Nous sommes passés quelques heures plus tard, de nouvelles traces de pattes d’ours sont là,  les saumons morts ont disparu ou sont déchiquetés!

Malgré tout, n’allez pas croire que les rencontres avec les ours sont fréquentes ! Il faut avouer que nous sommes restés sur notre faim de ce côté ! J’ai été le seul de nous 3 à faire une superbe rencontre avec une femelle ours noir avec son petit  venant pêcher le saumon à 25m de moi. Cette rencontre qui a duré 2 à 3 minutes (c’est bien long face à un ours), m’a comblé de toutes les émotions possibles photographiquement et émotionnellement parlant.

Nous avons fait une autre rencontre bien triste avec une mère Grizzly. Celle-ci était couchée sur un dégagement en bord de  route, nous nous sommes arrêtés en voiture à côté d’elle, quelques mètres seulement, aucune réaction de sa part. Nous savions que quelque chose d’anormal se passait et je me suis aperçu que quelques mètres plus loin, son ourson venait de se faire écraser par un véhicule. La tristesse dans les yeux de cette ours nous a marqué à jamais.

Ourson écrasé

Grâce à un article sur un journal local, nous avons eu connaissance d’un lieu propice à l’observation des Mooses (élan) sur les hauteurs d’Anchorage. C’était la pleine période de rut et nous avons passé d’excellents moments photographiques en leur compagnie. Attention, l’approche est très facile à quelques mètres, mais s’il décide de charger, il ne s’en privera pas ! L’un de nous l’a vécu !

Les pygargues à tête blanche font partie du paysage. L’envergure de ce rapace est impressionnante et le nombre aussi ! Il y en a autant que nos buses dans les plaines Champenoises.

La nature à l’état pure :

Il y a différentes manières de percevoir, de ressentir et de voir l’Alaska. Au premier abord, l’immensité et cette sensation de liberté vous frappe ! Très vite et après ce premier choc visuel, notre regard s’est tourné sur la gestion et les infrastructures inexistantes pour préserver ces espaces naturels hors des parcs nationaux. Plus on remonte vers le nord, plus les habitants de part la dureté du climat et les distances énormes qui les séparent des villes sont confrontés à la gestion de leurs déchets. Chaque maison isolée est une casse à ciel ouvert : des véhicules, des frigos (oui, il y en a aussi là-bas ;-), des appareils ménagers jonchent le sol. Fort heureusement, ils ne construisent qu’en bois, car de nombreuses maisons sont abandonnées. Aux bords des lacs, des casses, des bateaux aux moteurs déversant l’huile sur le sol sont déposés sans aucune précaution……Un constat  qui n’est peut-être pas forcément alarmant vu la faible densité d’habitant dans cette région, mais qui choque malgré tout.

La gestion de la faune et surtout des grands mammifères est finalement très structurée, mais cette gestion passe presque inaperçue au touriste. La chasse est très présente, mais à aucun moment nous n’avons rencontré d’interaction ni de gêne en milieu sauvage. Malgré tout, le côté commercial est un peu pesant pour avoir accès à certains sites, certes protégés mais surtout verrouillés financièrement. Pour exemple, photographier des ours en train de pêcher sur une chute d’eau à  Katmaï (spot photographique bien connu des professionnels) coûte 600$ la demi-journée !

Rencontre avec les Alaskiens :

Un seul d’entre nous maîtrisait les bases en Anglais. Ce qui n’a pas forcément facilité les contacts, mais il faut avouer que les Alaskiens ont un Anglais très particulier, une sorte de patois Américain ! Il est donc souvent difficile de bien se faire comprendre même en maîtrisant la langue, et ce, d’autant plus, en remontant vers le Nord.

Nous sommes touchés par l’accueil et la gentillesse des Alaskiens. La simplicité, l’entraide et leur sérénité face à la dureté de leur climat sont impressionnantes. Sur les routes ou l’on roule des centaines de km sans âme qui vive, si un véhicule passe et que vous êtes arrêté comme c’était souvent notre cas pour les prises de vue, les Alaskiens s’arrêtent et vous demandent « It’s OK ? ». La solidarité est une de leur première qualité. Il est de coutume semble-t-il de petit déjeuner et de dîner au restaurant en famille, certainement pour les raisons évoquées plus haut. L’ambiance y est familiale et conviviale. Les Français sont très appréciés, certainement pas pour leur pouvoir d’achat mais par le côté  frenchy….allez comprendre… !

Informations pratiques :

Décalage horaire : 10h

Durée de vol : 16h

1escale minimum pour le vol

Poids des bagages : 2 fois 23 kg

Formalité : passeport électronique ou biométrique

Vêtements chauds, sous-vêtement technique + Goretex (veste et pantalon) obligatoire

Distance parcourue durant notre périple : environ 5000Km

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Commentaires

Salut Rémy,

A la lecture de ton article, j’ai voyagé avec toi … Merci pour cela ;) Ces polémiques à répétition sur un “certain” forum me fatigue. Bravo à toi et James pour cette image ! Tu sais ce que je pense de ton travail et de ton approche de la nature …

Amitiés
Walter

Ce blog est une réalisation bienvenue et attendue depuis de longue date car tu te fais rare et tu manques à tes amis.

JTFGB!
Laure-Anh.

(PS : Bise à Cédric)

Un bien beau périple en perspective!
La photo de l’élan est, à mes yeux, magnifique! On se sent emporté par le regard de l’animal.
Merci de nous avoir fait part de votre aventure alaskienne, un pays qui a l’air de recéler bien des surprises et bien des merveilles…

bonjour Remy,
merci pour ce partage d’expérience et surtout félicitation pour vos magnifiques photos même si il est sur que j’aurai préféré voir l’ourson courir en pleine nature.
j’espères pouvoir un jour m’organiser ce style de voyage.

Bonjour les amis,
merci de votre première visite sur ce blog et de vos commentaires qui me touchent vraiment !
à très bientôt je l’espère
Amicalament
Rémy

Salut Rémy !

J’ai déja suivi ton travail via le web et j’espère que ce blog nous permettra de profiter au mieux de ton “oeil” :)

Tu verras, avec un site de ce genre, le plus dur, c’est de l’alimenter régulièrement :P

Amitiés

VRAI !
affaire à suivre…
Merci à toi
Rémy

Salut Remy,

Je viens de découvrir ton blog par le biais de celui de Cédric.

Un joli voyage que tu as fais en Alaska ! J’ai hâte de voir d’autres photos… La prochaine fois prend le temps de t’arrêter à Whitehorse boire un verre à la maison, on a du lapin au Yukon aussi ;-)

Nico.

C’est un honneur de te voir passer sur mon nouveau blog.
Merci à toi et je compte bien retourner très prochainement vers le yukon !
à bientôt
Amicalement
Rémy

Il me tarde d’en découvrir davantage…

Bravo pour cette belle initiative !

Amicalement,

alain

Merci Alain de ton passage
Amicalement
Rémy

Salut Rémy,

Je viens de découvrir ton blog et j’ai beaucoup apprécié cet article sur ce merveilleux périple.
Je te souhaite beaucoup de succès avec ce blog et peut être à bientôt.
Amicalement,

Gérard

Bonjour Rémy.
Un grand merci pour ce descriptif qui me fait (1 fois de +)rêvé aux (grands) espaces du “Grand Nord”.
Vivement les photos.
Est-ce que le prochain voyage sera en bus, je réserve ma place de suite…
J’en profite pour aussi remercier Cédric pour son super blog très régulièrement “alimenté” d’articles très pertinents et de grande qualité.
A bientôt à Montier, j’espère. On s’est croisé chez Fabrice Cahez ce printemps mais je n’ai pas osé t’aborder !!!

Bonjour Bernard,
merci beaucoup pour ton passage et n’hésite pas à m’aborder la prochaine fois ;-) un bus ? Pourquoi pas !
à très bientôt sur Montier, j’y serai les 3 jours
Rémy

un bus… j’en suis.

Hello Rémy,
Encore!,Encore!,aussi bien pour ces somptueuses photos que pour les commentaires. Il faut que tu nous en dises plus, c’est trop bien.
Bisesssss
Rosy

salut Rosy,
faute de petites bouffes, content de te lire sur le blog !
Merci à toi et à bientôt j’espère.
Bises

hello!

superbe article! j’ai été transporter. je m’y suis interessée car j’aimerai voyager en alaska l’année prochaine. Votre article est complet en tout cas! On y trouve plein de renseignements auxquels on ne pense pas forcément.

Merci pour cette évasion de quelques minutes

Anara

merci pour des photo wao c’est magnifique merci

Merci Anara,
n’hésitez pas à me demander des renseignement si nécessaire.
à bientôt
Rémy

Merci Said
d’autres photos viendront prochainement
à bientôt
Rémy

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